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Les archives sur l’esclavage ne seront pas vendues aux particuliers français
Des associations craignaient le pire pour les enchères de mercredi à Lyon

lundi 10 janvier 2005, par Habibou Bangré


Des archives sur l’esclavage seront bien vendues aux enchères à Lyon (France) ce mercredi, mais aux autorités publiques et non à des particuliers, comme aurait pu le laisser entendre un grand quotidien français. La méprise avait causé un haut le cœur à certaines associations de l’Hexagone. Elles avaient en effet décidé de manifester et de faire appel à la classe politique pour une suspension, voire une annulation de la vente.
La communauté africaine de France peu souffler : les archives sur l’esclavage, qui seront vendues aux enchères ce mercredi à Lyon (Sud de la France), ne deviendront pas propriété de particuliers, mais des autorités publiques. Certaines associations avaient compris, suite à un article paru dans un grand quotidien de l’Hexagone, que ce patrimoine historique allait se retrouver entre les mains de particuliers et donc échapper à la consultation publique. Révoltées, plusieurs associations avaient promis de manifester, d’autres appelaient au bon sens de la classe politique pour que soit suspendue, voire annulée, la vente aux enchères honnie.

Ce qui a manifestement provoqué la colère du monde associatif noir, c’est que l’article, qui détaille essentiellement les œuvres qui seront vendues, ne précise pas que ces enchères ne seront pas publiques. « Près de 500 lettres et manuscrits, provenant d’archives familiales ou commerciales, seront vendus à Lyon mercredi 12 janvier. Cet ensemble aborde des thèmes divers, en particulier un sujet jusqu’à présent peu étudié, la traite des Africains aux XVIIe et XVIIIe siècles », peut-on lire dans Le Monde du 6 janvier 2005.

Les archives nationales ne seront jamais privées

Alain Ajasse, expert auprès de nombreux commissaires priseurs qui a travaillé sur cette vente, apporte un éclairage indispensable. « Les documents en question constituent à peine une dizaine de lots sur toutes les enchères de mercredi. Ils seront exclusivement préemptés par les pouvoirs publics. Et il ne peut pas en être autrement puisqu’ils font partie du patrimoine national », explique le spécialiste, qui précise que ce n’est pas la première fois que sont organisées des enchères où sont proposées des documents en rapport avec la traite négrière.

Alain Ajasse revient sur la façon dont les archives sur l’esclavage, de même que les autres, se retrouvent aux enchères. « Parfois, les gens veulent se débarrasser d’objets ou documents anciens lors d’un tri de grenier, par exemple. Ils peuvent se tourner vers les antiquaires ou encore les brocanteurs, mais certains vont s’adresser à un expert pour savoir ce qu’ils valent. Après étude, et selon l’importance du document, il en référera à la direction nationale des archives. Elle recherchera s’il figure déjà dans les archives, si ce n’est pas le cas, il sera vendu aux enchères. C’est la seule façon légale et juste de faire passer un document du domaine privé au domaine public. Cela permet de récupérer des documents dont on pouvait ignorer l’existence, puisqu’ils sont gardés par les familles. Personne n’y perd car le patrimoine et la mémoire nationaux s’enrichissent et la personne à qui appartenait le document est dédommagée », souligne-t-il. Il n’y a en somme aucune chance que des archives, quelles qu’elles soient, se retrouvent vendues aux enchères.

MAIS RESTONS  VIGILANT  

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